mardi 26 février 2008

LES CHAUSSETTES DU BONHEUR

Et voici, les chaussettes du bonheur,,, celles qui vous remontent le moral !!! Qui l'eut cru lustucru ? Merci Brigitte pour cet envoi qui tombe à point nommé... je n'en connais pas l'auteur,,, mais BRAVO pour ce petit montage "cours du tricot",,, ou les chaussettes du bonheur!!!

Ce moral qui se fait tant désirer,,,, tout est fait pour qu'il se tasse au fond de soi à croire qu'il n'existe plus, on le piétine et on croit que tout va s'arrêter et que la vie ne vaut plus la peine d'être vécue !!!!

Ma grand mère "mémé Lolotte" avait commencé de m'apprendre à tricoter des chaussettes magiques,,, à quatre aiguilles s'il vous plait !
J'ai toujours ce commencement de quelque chose dans un sac plastique,,, de supermarché,,, caché au fond d'une armoire,,, comme une relique.
La magie étant que le talon se tricotait de telle manière à pouvoir se changer, dès qu'il était usé,,, il suffisait de tirer un fil de laine, certainement de la même famille que le fil d'Ariane... Et puis on remplaçait le talon usé. Et pour ne rien gâter, cette savante construction digne des abeilles, avait quelque chose d'esthétique,, c'est souvent comme cela quand il y a exacte adéquation entre le fond et la forme....
C'était le temps du bon sens à tous les étages,,, rien ne doit se perdre, tout effort doit être rentabilisé,,, ECONOMIE DURABLE.... avant l'heure, ou plutôt, nous n'avons rien inventé !
Ce que j'aimais par dessus tout ,,, c'était la "laine du pays" comme elle la nommait.
Celle qui venait de Dordogne, ce pays du temps de l'occupation,,, où elle vécut un moment,,, expulsée d'une Alsace où elle ne s'est jamais sentis bien,,, venant de "l'intérieur" comme on dit chez nous. une Parisienne, une vraie !
Cette laine de couleur crème,,, envoyée par écheveaux et qui sentait le suint,,,un peu d'herbe séchée, perdue entre les brins de laine.... les verts pâturages comme en miniature,,, En fermant les yeux, j'entendais les cris des bêtes et le son des petites cloches que j'imaginais suspendues à leur collier... c'était mes vacances en rêve.
Mémé lavait la laine,,, peut être bien encore à la main dans cette buanderie, lorsque les machines à laver n'existaient pas ou alors réservées aux gens riches que nous n'avons jamais été.
Et ce temps passé des heures durant les deux mains parallèles, mémé qui enroulait sa laine autour de mes mains de petite fille,,, pour fabriquer ses pelotes !!!
Malgré les différents lavages, la laine sentait l'animal et restait toujours un peu grasse.... Ce n'est qu'aujourd'hui, à force de lavages prélavages rinçages et essorages, erreurs en tous genres, une bonne trentaine d'années plus tard, que cette laine feutrée a perdu son odeur... Je les ais gardé, et ne suis pas arrivée, comme le faisait pourtant ma mémé lolotte, à recycler ces vieilles chaussettes et vieux pulls en "chiffons à lustrer les meubles en bois..." cirés jusqu'à l'extrême...MAIS brillants !
comme j'ai tant mal aux épaules, aux bras et aux mains,,, ce souvenir apaise cette souffrance physique et me renvoie à un bonheur si fort qu'il sublime la souffrance des bras raidis,,, heures durant !!! Ce bonheur de revoir ma mémé à moi,,, en souvenir... et ce besoin que mes bras et mains servent à quelque chose ::: aujourd'hui l'accordéon,,, c'est un souvenir qui n'habite au point de non retour.
ET QUEL SOUVENIR EXTRAORDINAIRE,,, une simple paire de chaussettes et tout repart !!!
Alors si ça ne va pas,,, pensez et il n'y a que cela de vrai,
CES chaussettes d'hier, pleines de souvenirs qui vous remontent le moral.
Chaussette,,, réceptacle pour cette petite source de bon temps qu'on croit perdre mais qui ne s'arrête jamais vraiment et qui vous aide à revivre ce passé si cruellement révolu!
Cette source de bonheur qui donne à la vie l'apparence d' un gros doudou tout doux qu'on aime à câliner.... qu'on aime tout court,,, pour ce qu'elle est,,, Pour s'y vautrer de toute son âme comme dans un pré d'herbe verte !
Je revois aussi les pieds de mon père,,, et ce souvenir m'habite au même endroit mais à un étage plus sombre,,, Ces pieds parfaits que j'ai vu la première fois pendant son agonie,,, Ces pieds qu'il n'a jamais découverts,,, toujours habillés de chaussettes, été comme hiver,,, chaussettes en fil d'écosse foncée.. Et sur son lit d'hôpital, alors qu'il souffrait de tout son être, je n'ai eu d'yeux que pour ses pieds, si beaux, si fragiles, parfaits et qui semblaient épargnés par la maladie,,,Vraiment une révélation...
ainsi va la vie, "ceux qui restent ont toujours raison,,, ainsi va la mort , les absents ont toujours tort!"
bonjour chez vous
la prisonnière du temps qui passe même que défois j'aimerai bien sortir de cette carcasse pour aller plus vite;;;;plus loin, ailleurs, là où le temps n'existe pas....
MO

3 commentaires:

Anonyme a dit…

les absents ont souvent eu raison
mais ne sont plus là pour le dire
tout dépend de l'absence
et de la raison
de l'absence
ou la raison de la raison
tu vois moi aussi j sais tricoter des chaussettes
nanou

MOM a dit…

Une maille à l'envers et une autre à l'endroit et ou le contraire,,, on ne sait plus trop par quoi on commence,,, depuis le temps...
Bisous
MO

Siréneau a dit…

Joie de vous retrouver toutes les deux ici, Mo, nous avons été interrompus en pleine conversation, pardon, sais pas ce qui s'est passé, pas grave, à bientôt, plein de bisous!

belles chaussettes, ma grand-mère m'avait appris à tricoter aussi, car j'aimais tant son dessus de lit multicolore au crochet :))